J'ai
toujours adoré les pirogues. A 9 ans, à Tuléar j'en avais
une, noire et blanche comme toutes les pirogues Vezo, à un seul balancier.
A 45 ans à bord du Stolt Energie j'ai découvert celles des Philippines,
à deux balanciers, les plus gracieuses que je connaisse. J'ai pris ces
photos lors d'une escale à Batangas, pas très loin de Manille,
en 1984.
Le
Solt Energie à quai, en train de charger des huiles de coco. Batangas
a aussi un poste pour produits chimiques, et reçoit une flotille de chalutiers
Coréens, en plus de la flotille de pirogues locales.
Une
grande pirogue en attente, les filets de pêche sont arrimés sur
le pont, des gamins juchés sur un des balanciers donnent l'échelle
Ramandage,
comme dans tous les ports de pêche. Les petites cases arrondies au fond
ne sont pas des habitations mais servent à entreposer les filets et autres
matériels.
Le
port au petit matin, tout le monde n'a pas encore appareillé. Sur la
plage les pirogues échouées sont de petites unités, à
une ou deux places.
Au
coucher du soleil tout le monde est rentré. Au premier plan une flotille
de chalutiers Coréens, caractéristiques.
Une
jolie petite unité, avec un joli nom. La quille est taillée d'une
seule pièce mais le bordé est fait de contreplaqué, cloué
et vissé, avec deux ou trois membrures légères suivant
la longueur.
Toutes
ces petites pirogues échouées sur la plage, au pied du village
de pêcheurs, étaient utilisées par les gamins ou par des
petits pères tranquilles pour des petites balades à la pêche
sur la rade. J'en avais acheté une petite d'occasion, deux places maxi,
en bon état, toute gréée, pour une caisse de 24 bières.
Les bordés étaient vissés et les rondelles étaient
faites de pièces en cuivre d'un peso. Comme je m'en étonnais le
propriétaire m'avait expliqué que c'était moins cher que
les rondelles en inox.
Les
cases des pêcheurs posées directement sur
la plage.
Ma
pirogue m'a permis de me balader et en particulier de remonter une petite rivière
près d'Iligan. J'y ai rencontré ce gamin qui transportait les
provisions sur un radeau fait de bambous liés ensemble, et ce petit coin
de paradis qui fait rêver.
Quelques mois plus tard sur rade de Paranagua, à l'autre bout du monde,
le Second Capitaine et moi nous mettons à l'eau nos pirogues souvenir
de Batangas, pour une petite balade sur rade.