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C’était hier. De Hambourg,
Liverpool, Nantes ou Bordeaux, les voiliers long-courriers « cathédrales
des mers » partaient au bout du monde. La route des alizés
les conduirait vers le Cap de Bonne-Espérance, les Indes, la Chine,
l’Australie. Les vents dominants d’ouest les pousseraient
alors vers les côtes américaines du Pacifique, Canada, Etats-Unis
et Chili. Ils reviendraient par le Cap-Horn.Il importait que soit contée,
avec ses grandeurs et ses servitudes, l’histoire authentique des
marins du long-cours. Ceux-là qui, de la dunette de commandement
à la profondeur des cales, ont été les acteurs d’une
extraordinaire aventure. « Maître à bord après Dieu »... L’expression consacrée a figuré jusqu’en 1914 au bas des pièces officielles. Le capitaine s’imposait aux hommes par son endurance dans les coups durs, son sang-froid dans les catastrophes. Il lui fallait la connaissance intuitive de la mer et du vent et celle intime de son bateau. Quoiqu’il arrivât, lui seul prendrait la décision et sa responsabilité était écrasante. |
| Acrobates rompus aux manoeuvres
les plus périlleuses, les gabiers sont l’élite de
la voile. A plus de quarante mètres du pont, par gros temps, il
faut des qualités exceptionnelles. Là-haut ils doivent,
« une main pour le bateau, une main pour l’homme »,
serrer sur sa vergue une grand’ voile de 470 m2,
pesant une ou deux tonnes selon qu’elle est sèche ou mouillée.
Et puis les autres : mousses, novices, matelots, bâbordais et tribordais,
hommes rudes et sauvages. Bosco, charpentiers, calfats, caliers et timoniers.
Leur vie sur cet ensemble fragile qu’était un voilier, affrontant
les fureurs de l’océan. Les joies et les peines, les cruelles
punitions du bord et les escales enchanteresses, les bonnes hôtesses
et les marchands d’hommes, les vagues terrifiantes et les feux de
Saint-Elme dans la mâture. |
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bord des grands voiliers |
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