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Après avoir été détruite aux deux-tiers
de son tonnage pendant la Seconde Guerre mondiale, la Marine marchande française
s'est reconstituée en moins de cinq ans. Elle a dû faire face,
d'une part, à la disparition de ses paquebots de ligne avec l'arrivée
sur l'Atlantique nord des premiers avions long-courriers à réaction
et, d'autre part, à la perte de substance du trafic des marchandises
sur ses lignes traditionnelles, avec la décolonisation. Précédant
en cela les dirigeants des grandes entreprises exportatrices françaises,
les armateurs et le personnel navigant, dans leur conquête de nouveaux
marchés, ont été confrontés à la question
suivante : comment continuer à vivre avec le même niveau de
protection sociale et de prévoyance et affronter de manière
efficace et équitable la concurrence internationale ? Jusqu'à
la fin des années 1970, la flotte française a relevé
le défi, multipliant son tonnage par trois et passant en 1975 du
10e au 9e rang mondial. Cependant, après 1980,
aux effets de la deuxième crise pétrolière s'ajoutent
d'autres facteurs négatifs dont l'absence d'une politique maritime
stable. La Marine marchande française connaît alors une récession
suivie d'une stabilisation dans les années quatre-vingt-dix. Bernard Cassagnou décrit et explique ces deux grandes mutations, l'une positive, l'autre négative |
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