Tandis qu'au cours des années vingt, la flotte des
vapeurs à hélices s'attribuait le monopole de la navigation
sur les sept mers, un par un, au fond des bassins oubliés, des
remorqueurs venaient chercher les grands voiliers du Cap Horn pour les
conduire vers leurs dernières demeures. Avec eux disparaissaient
les cordiers, gréeurs, gabiers et autres calfats. Les hommes sur
ces "navires à mécanique" n'étaient peut-être
plus ceux des chansons à virer.
L'auteur, Capitaine au long-cours, était un ancien du Colbert,
du Richelieu, de la Cordillère, de l'Eridan et du Saint-Vincent-de-Paul. Il nous restitue ici la vie des
derniers cap-horniers, faisant parler ses hommes de bordée avec
ce parler forgé par la pratique des siècles sur le gaillard
d'avant.
Ce magnifique ouvrage retraçant le folklore des dernières
années de la voile est préfacé par Jean Randier.
"Il était au monde trois choses parfaitement belles :
une jolie femme qui danse, un pur-sang en liberté, une frégate
sous voiles ! Hélas ! nos yeux n'en pourront plus contempler que
deux."