Notes explicatives

Les accores :  
 
Yvon Perchoc — Il semblerait qu'à l'origine ce terme désignait des étais en bois placés à 45° au niveau de l'arrondi de couple pour tenir le navire droit, lors de sa construction ou d'un radoub.Leur usage à Fort de France vient du fait que l'attinage se réduit à une ligne de tins principale (quille) et une autre de part et d'autre pour tout de même supporter les fonds des navires larges. En principe, l'attinage n'est jamais modifié, ce qui évite un assèchement, la manip sur les tins et une remise en eau. Beaucoup de temps gagné. Lorsque le navire est bien équilibré, pas de problème. Cependant, il y a quelques semaines, à la suite de mouvements de ballasts non concertés avec le bassin, j'ai vu les accores prendre un arc impressionnant sur bâbord, et il fallut vivement brasser les grues du navire à l'opposé pour soulager les contraintes.

Vue du bassin prise depuis la tête de mât d'un navire.
 
 
Hervé Cozanet — Les cales sèches qui reçoivent des grands navires n'utilisent pas d'accores, mais les lignes de tins sont multiples et soutiennent parfaitement la coque. Chaque navire a un "plan d'attinage" qui définit l'emplacement des tins, et surtout les endroits à laisser libres, comme les prises d'eau ou bases de sondeurs. Quand le fond n'est pas plat il faut ajuster exactement la hauteur des tins au moyen de cales en bois. Au moment de la vidange de la cale, un plongeur s'assure de visu que le navire est bien positionné et prêt à toucher sur tous les tins à la fois. Ces photos montrent le Chassiron et le Pont Aven dans la forme N° 3 de Brest.
   
       


Panneaux de cale, étanchéité  
Jean François De Bie
Il y a des joints en caoutchouc sur les faces transversales des panneauxs de cale avec en dessous une goutiére en cas d'infiltration. Les coins métalliques qui sont visibles sur les photos, le long de la junction des panneaux sont  normalement serrés/déserrés á la masse. Ils assurent la pression sur le joint tout en renforçant la cohésion des panneaux. Le systéme est classique, en bon état il devrait assurer á lui seul l'étanchéité des panneaux quelque soit le type de marchandise chargé.
 
Dans le cas de ce navire, il doit y avoir un petit probléme d'étanchéité ce qui arrive fréquemment sur les bateaux pas trés jeunes. Dans le cas de ce navire le probléme a été résolu par l'usage d'une mousse  expansive du type utilisé couramment á terre dans le batiment (en particulier autour des portes met fenetres). De mon temps on utilisait de la bande adhésive similaire á celle que l'on utilise pour réparer les containers. C'est normalement une solution temporaire   La pratique n'est pas courante, elle coute cher, mais elle est légitime á condition que la structure du panneau reste satisfaisante.
 
Il faut aussi noter que dans certain cas de marchandises particuliérement fragiles ou précieuses de tels arrangements peuvent etre demandés á titre préventif quelque soit l'état des panneaux. On rencontre parfois même cette exigeance dans les termes des charter-parties.
 
Avant chargement les cales sont normalement inspectés pour leur état général, leur condition de propreté (grain clean etc..) et l'étanchéité des panneaux et accés. En cas de doute sur l'étanchéité un essai peut etre exigé. Cet essai se fait á la manche á incendie mais quelque fois il faut aussi controler la portage des joints (cela se fait avec de la craie). Il existe aussi des systémes électroniques. 
 
Notez aussi que les panneaux de cale dont l'importance vitale est évidente mais qui semblent trés simples en premier abord, sont en fait des éléments de construction métalliques trés complexes et que leur maintien en bonne condition est une priorité et un soucis majeur pendant toute la vie d'un bateau.
Jean Le Guern

Mr De Bie a parfaitement expliqué le système.
Je rajouterai juste que les "coins" métalliques qui se trouvent à la jonction des panneaux se nomment des "martyrs".
J'ai utilisé de temps à autre cette mousse de polyuréthane, lorsque les risques météo étaient importants sur "la route", et surtout si l'on constatait de légères fuites aux essais à la manche à incendie. On peut rajouter que le navire en question a quand même un grand besoin d'un lifting

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